Quand le corps nous invite à retrouver le lien à soi
Nous vivons dans une société qui sollicite énormément le mental.
Penser, anticiper, organiser, produire, répondre, être disponible… Nous sommes souvent invités à aller vite, à rester connectés, à maîtriser nos émotions et à nous adapter en permanence. Dans ce mouvement, le corps peut progressivement passer au second plan.
Nous l’habitons, mais l’écoutons-nous encore vraiment ?
Un corps parfois oublié
Le corps peut être tabou.
Il peut être regardé, jugé, contrôlé, contraint.
Il peut aussi être réprimé, mis à distance, ou simplement oublié dans le rythme effréné du quotidien.
La sédentarité, les écrans, le rythme du virtuel et la multiplication des sollicitations nous éloignent parfois de l’expérience immédiate : respirer, marcher, ressentir, toucher, regarder, écouter, éprouver.
Nous pouvons alors vivre beaucoup dans notre tête, tout en étant de moins en moins présents à ce qui se passe en nous.
Et pourtant, le corps continue de parler.
Par les tensions.
La fatigue.
L’agitation.
Le sommeil perturbé.
Le besoin de mouvement ou, au contraire, l’incapacité à ralentir.
Le corps exprime parfois ce que nous n’avons pas encore trouvé les mots pour dire.
Quand le corps n’est plus entendu
Combien de personnes vivent aujourd’hui avec la sensation d’être épuisées sans parvenir réellement à s’arrêter ?
Combien ressentent une perte de sens, une surcharge, une difficulté à respirer, à dormir, à se concentrer, à éprouver du plaisir ?
Les mots épuisement mental, burn-out, dépression sont désormais présents dans notre quotidien.
Sans réduire ces réalités complexes au seul rapport au corps, elles nous invitent néanmoins à nous interroger :
Que se passe-t-il lorsque nous sommes durablement coupés de nos sensations, de nos besoins et de nos limites ?
Le corps n’est pas un obstacle à dépasser pour continuer à avancer.
Il peut devenir un repère.
Retrouver l’accord
La Gestalt nous invite à porter attention à ce qui se passe ici et maintenant : dans la relation, dans les émotions, mais aussi dans les sensations corporelles.
Qu’est-ce que je ressens ?
Où est-ce que je le ressens ?
De quoi mon corps a-t-il besoin ?Qu’est-ce qui se passe lorsque je ralentis ?
Lorsque nous revenons au corps, nous pouvons parfois retrouver une information précieuse : celle de notre expérience présente.
Il ne s’agit pas de tout contrôler ni de chercher immédiatement une explication.
Mais de faire l’expérience.
Respirer.
Sentir.
Bouger.
S’arrêter.
Écouter.
Peu à peu, le corps peut redevenir un espace de présence.
Reconnexion
Il y a peut-être aujourd’hui une forme d’urgence à retrouver cette connexion.
Entre le corps et le mental.
Entre le corps et les émotions.
Entre soi et les autres.
Entre soi et le vivant.
Car nous ne sommes pas seulement des êtres qui pensent.
Nous sommes des êtres qui ressentent, qui respirent, qui bougent, qui entrent en contact.
Habiter son corps, c’est aussi retrouver un chemin vers soi.
Une phrase ancienne dit : « Il faut soigner son corps, pour que l’âme s’y plaise. »
Elle résonne profondément avec cette idée : prendre soin de son corps, ce n’est pas seulement prendre soin de son apparence ou de sa santé physique.
C’est lui redonner une place dans notre manière d’être au monde.
L’écouter.
Le respecter.
Le ressentir.
L’habiter.
Pour que l’âme puisse, elle aussi, s’y sentir chez elle.
Retrouver son accord
Peut-être que le corps ne demande pas davantage de contrôle.
Peut-être demande-t-il simplement à être entendu.
Et si retrouver le lien à soi commençait là ?
Dans une respiration.
Une sensation.
Un mouvement.
Un silence.
Dans cette rencontre avec soi, quelque chose peut progressivement se remettre en accord.
Corps — Accord perdu.
Et peut-être, sur le chemin, accord retrouvé.
🌿 Myriam EELBODE , fondatrice de MY WE® — Sur la voie du lien
La thérapie peut être un espace pour revenir à soi, écouter ce qui se vit dans le corps et retrouver un lien plus vivant avec soi-même, avec les autres et avec son environnement.