Je suis née de familles de paysans, de ceux qui sèment le blé, cet or de la terre nécessaire à la vie. Je suis née un mois d’août, celui de la moisson, quand la terre offre son fruit et que le cycle du temps rappelle que tout est transmission.
Aujourd’hui, à mon tour, je sème des graines. Mais ce ne sont plus celles du blé.
Ce sont celles de l’amour, de la rencontre et de la conscience du lien. Ce livre se voudra un espace de dialogue et d’ouverture, un chemin d’introspection intérieure où l’on ose dépasser les frontières visibles et invisibles : celles des traditions, des croyances, des cultures, des peurs et des conditionnements relationnels. Aimer au-delà des traditions, c’est accepter de rencontrer l’autre dans toute son altérité sans chercher à le modeler à son image. C’est comprendre que l’amour n’est pas une possession mais un mouvement vivant, un apprentissage permanent du contact, de l’écoute et de la présence. Dans mon parcours, la Gestalt-thérapie m’a profondément appris cette conscience du lien : écouter ce qui se vit dans le corps, accueillir les émotions, reconnaître ses limites et rester présent à soi dans la relation. Puis la sexothérapie m’a réconciliée avec l’intelligence du corps, avec ce langage du désir qui, lorsqu’il devient conscient, peut devenir une voie d’éveil et de transformation intérieure. Enfin, l’approche transgénérationnelle et la médiation humaniste m’ont ouverte à une écoute plus profonde, celle qui accueille l’autre sans chercher à le changer, sans projeter sur lui ses propres blessures ou ses attentes. À travers les rencontres, les voyages, les différences culturelles et les expériences de vie, j’ai compris que l’amour véritable ne nous demande pas de nous rétrécir. Aimer en conscience, c’est marcher côte à côte sans chercher à posséder l’autre. C’est apprendre à rester libre sans fermer son cœur. Peu à peu, au fil du temps, l’amour s’est transformé pour moi en une quête plus vaste : une recherche d’équilibre entre enracinement et liberté, entre le corps, le cœur et l’âme.
Les arts, la poésie, la musique, la nature et le vivant sont devenus des passerelles vers cette dimension plus profonde du lien humain. Les chevaux eux-mêmes, dans leur présence silencieuse et authentique, m’ont appris une autre manière d’être en relation : plus simple, plus vraie, plus incarnée. Car aimer en conscience, ce n’est pas fuir les différences ou les incertitudes. C’est choisir d’entrer dans la relation avec présence, responsabilité émotionnelle et liberté intérieure. Alors, osons aimer.
Osons rencontrer l’autre au-delà des frontières visibles et invisibles. Osons créer des liens où chacun peut respirer, évoluer et rester pleinement vivant.
— Myriam Eelbode